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Exposition

Paradís terrenal

Exposition collective

Du 30 septembre 2014 au 2 octobre 2014

Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Joan Bennassar Cerdà
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV
Paradis Terrenal - Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra ©Galerie RDV

Selon notre système de valeurs, nous comprenons « le paradis terrestre » comme but auquel nous devrions tous aspirer, destinée que nous souhaiterions à chacun des éléments qui nous entourent, fussent-ils un paysage, des personnes, etc. Quel que soit notre lieu de vie, cet objectif doit nous permettre d’atteindre le plus haut degré de bonheur de façon partagée et non pas de manière individuelle.

Créer un débat sur l’emplacement géographique de ce paradis ou reprendre les conversations des spécialistes ne correspond pas à notre intention. Nous ne sommes pas responsables de cette discussion qui ne nous intéresse d’ailleurs pas : nous comprenons que le monde dans lequel nous vivons est empli de lieux qui sont d’incroyables paradis.

Quoi qu’il en soit, comme chacun sait notre sensation de bonheur ne dépend pas uniquement du lieu plus ou moins idyllique dans lequel nous nous trouvons -bien que cela puisse y contribuer- mais plutôt de notre capacité à percevoir, déchiffrer, comprendre, aimer et respecter dans ce lieu comme dans d’autres. Et pourtant nous continuons sans relâche à nous mentir et à le chercher là où il n’est peut-être pas, notre paradis terrestre, ce monde idéal.

C’est avec cet état d’esprit que s’est articulé le projet présenté à RDV, Paradís terrenal, avec les œuvres de Andrés Senra, Jorge Fuembuena, Tomàs Pizà, Jennis Li Cheng Tien, Joan Bennassar et David Crespo.

Les œuvres sélectionnées pour l’exposition -photographies, peintures, vidéos et installations- ont été produites dans des contextes et des perspectives multiples, toutes portent un intérêt particulier à la communauté, à la relation de l’individu avec son entourage. Elles ont trait au désir et à la recherche d’un monde meilleur. Dans certains cas il s’agit d’une recherche temporelle, par le biais de vacances dans des lieux exotiques pour nous, et/ou par la re-création de ces lieux afin que nous puissions en profiter.

Le projet Permanent vacation que présente Joan Bennassar Cerdà (Majorque, Espagne, 1991), est une réflexion autour du projet Tropical island situé dans une coupole en périphérie de Berlin ; ce complexe touristique rappelle immédiatement le film The Truman show (Peter Weir, 1998).

D’autres projets au sein de l’exposition s’intéressent à des formes de vie alternatives, comme le travail d’Andrés Senra (Rio de Janeiro, Brésil, 1986) portant sur la communauté autogérée de Christiania, un espace occupé depuis 1973 au cœur de Copenhague dans la volonté de matérialiser une ville complètement autonome et détachée de l’Etat. L’œuvre se présente comme un portrait incarné par les personnes, paysages, architecture et lieux de loisir de Christiania tout en créant des résonnances avec l’histoire de la littérature, la peinture, l’architecture, le territoire, la cartographie mais aussi l’urbanisme des cités idéales.

Jennis Li Cheng Tien (Taïwan, 1983) propose Counterforce, cette vidéo est le résultat d’une recherche sur le principe de “Schrebergarten” (potager urbain) et de la méthode créée par M. Schreber. Cet inventeur d’appareils et équipements sportifs d’intérieurs a expérimenté ses créations sur ses enfants afin d’appuyer sa théorie de l’énergie excessive des jeunes et leur nécessité de liberté. M. Schreber a abandonné sa méthode après avoir constaté que les enfants pouvaient jouer sainement dans les jardins éloignés des villes, en contact direct avec la nature. Ce projet artistique et scientifique éprouve nos comportements contemporains inhérents à la recherche du bonheur. Cette quête semble nous éloigner chaque fois plus de l’humanité, de la nature par les avancées scientifiques et technologiques, de la vie en communauté (bien que nous vivions de cette façon), et privilégierait l’individuel sur le collectif. C’est dans ce contexte que la création de potagers urbains, d’autant plus dans des grandes villes, signifie beaucoup plus que l’opportunité d’avoir son propre jardin, de semer, c’est beaucoup plus qu’un retour à l’authentique, au goût de chaque chose, à la relation à la terre, à la communication avec les autres, à un équilibre naturel total, ces potagers pourraient être les traces d’un paradis, une façon de le retrouver, même si cela se formalise dans quelques mètres carrés.
Cette vidéo rejoint le travail photographique de Jorge Fuembuena (Saragosse, Espagne, 1979) : Wood stories, recherche portée sur les communautés autonomes qui militent pour le réensauvagement(rewilding). Jorge Fuembuena s’est plus particulièrement intéressé à la communauté de la ZAD (Zone à Défendre), territoire prévu pour la construction du futur aéroport international à Notre Dame des Landes, espaces actuellement couverts de champs et bois proches de l’agglomération nantaise.

Le projet de David Crespo (León, Espagne, 1984) Fuera de juego, a été réalisé au cours de sa résidence à Berlin et porte sur le jeu et les loisirs développés dans les parcs et zones naturelles de la ville. Ces espaces constituent une immense publicité pour le tourisme, ils sont une vitrine de la culture du loisir tant valorisée par Berlin. Ce type de culture populaire rend la ville beaucoup plus attractive pour la jeunesse en recherche d’une expérience professionnelle à l’étranger qui est séduite par ce dynamisme et cette apparente prééminence du loisir, bien que dans la réalité la vie dans cette urbanisation soit plus complexe et précaire. Par le biais de ce projet, l’artiste analyse l’immigration de jeunes espagnols vers cette ville en particulier. Ce déplacement migratoire a été provoqué par l’oppressante crise espagnole survenue après des années de prospérité, actuellement tous les projets de développements sont brisés pour la jeunesse, l’impression de vivre dans un paradis a été abandonnée. La situation est pour le moins paradoxale : L’Espagne est un paradis perdu pour des personnes contraintes à devenir immigrées, ce pays ne permettant plus à sa jeunesse de développer ses ambitions, bien que par ailleurs ce même pays continue d’accueillir des touristes et résidents étrangers dans des urbanisations résidentielles, hermétiques à la réalité du pays.

Tomàs Pizà (Majorque, Espagne, 1983), présente également le résultat d’une bourse de résidence au Karl Hofer G de Berlin. Son œuvre Berlín ausgedehnt se compose d’une série de peintures de paysages de Teufelsberg, un complexe en ruines érigé sur une montagne de décombres déplacés à cet endroit avec l’intention d’occulter à jamais les restes d’un autre édifice, édifice qui en raison de sa robustesse n’a pas pu être détruit. Au travers de ces peintures l’artiste aborde les thèmes de la dystopie (contre-utopie, récit fictif d’une société négative pour ses individus), du monde après l’effondrement de sa civilisation : quel serait notre univers après notre propre disparition? Cette réflexion s’inscrit dans les peintures de Pizà avec la représentation d’un monde en ruines : la ville de Berlin après une catastrophe ou encore son anéantissement à la suite d’une guerre totale ?, il s’agit en réalité d’un espace créé par la superposition des architectures susnommées. Ces dernières nous rappellent la nécessité de se souvenir, de maintenir une mémoire. Apparaît ainsi une nouvelle manière de faire l’Histoire, en se rappelant des oublis opérés par la modernité : il n’y aura pas de paradis sans mémoire.

Le paradis terrestre se trouve ici, nous devons simplement ouvrir les yeux, le voir, le ressentir et surtout ne pas le détruire. Les générations futures sont là !

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