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Exposition

NDDL

Exposition de Jean-Baptiste Janisset et Antoine Nessi

Du 15 septembre 2018 au 27 octobre 2018

NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Anaïs Denet
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV
NDDL - Jean-Baptiste Janisset & Antoine Nessi ©Galerie RDV

Cette exposition est le premier chapitre de la saison 2018-2019 où l’initiative sera laissée au plus jeune. Ils ont ainsi carte blanche pour inviter l’artiste aîné de leur choix pour une exposition en duo.

La Galerie RDV est heureuse de présenter NDDL, exposition carte blanche à Jean-Baptiste Janisset, jeune artiste nantais et fondateur de l’artist-run space Mutatio, qui convie Antoine Nessi, basé à Marseille.

« Les uniformes de la police étaient dessinés par Yves Saint Laurent, et Serge Dassault avait fait appel à Philippe Stark pour dessiner les matraques et les armes antiémeute. Chanel avait conçu un parfum spécial pour policier, qui alliait subtilement testostérone et raffinement. Les grenades lacrymogènes étaient chargées de zinc et de différentes poudres d’artifice pour ajouter des couleurs et des effets esthétiques à l’effet dissuasif. Le corps des CRS s’était paré d’une enveloppe esthéticotechnologique qui contrastait avec la simplicité et la pauvreté des armes des rebelles. La beauté était devenue une arme de propagande, qui affirmait que le modernisme et le progrès étaient contenus dans les structures autoritaires, dans l’ordre et la soumission. Les policiers développaient un sens de la performance et du spectacle. Ils étaient devenus les gardiens de l’ordre face aux forces chaotiques et singulières des rebelles, une tribu high-tech dévouée corps et âme à l’application de la loi, qu’ils considéraient eux même comme immuable et universelle. La liberté perdait peu à peu de son attrait esthétique, elle semblait poussiéreuse, sale et laborieuse. » Antoine Nessi

Le point de départ de cette proposition est un écusson dessiné de leur propre initiative par les brigades de gendarmerie de Notre Dame des Landes, brodé sur un uniforme des forces de l’ordre. La police semble alors changer de statut pour devenir une force idéologique plus autonome, moins abstraite et universelle, devenant un corps plus incarné, une forme particulière du corps social. La bataille de NDDL a fait apparaître des policiers dont les signes dépassent le strict cadre du signe officiel. L’autorité officielle est augmentée de symboles culturels « Folkloriques », propre à une communauté concrète, mais qui semble fantasmée et qui reste sans appartenance précise, dont l’identité est définie par un mouvement purement réactionnaire. Elle se distingue en faisant appel à une imagerie qui semble inspirée de contre-culture, mettant en œuvre un étrange recyclage des signes… Un détournement ironique au profit de l’expression du pouvoir.

C’est l’idée de la naissance de « monstres », de corps indésirés d’un organe démocratique qui intéresse ici Jean-Baptiste Janisset et Antoine Nessi. Leur exposition propose une recherche dans ces systèmes de signes et d’identité, en même temps qu’elle se propose de revenir sur les luttes et les répressions, au niveau symbolique. L’imagerie est réinvestie dans l’exposition pour en faire naître des objets et des dérivés, des oeuvres qui tentent de rendre visible des idéologies, ou plutôt de les caricaturer. Le projet rejoue les batailles de la lutte et de la répression, mais à son niveau allégorique et esthétique. L’exposition dessine alors les contours d’un monde dystopique, en proposant formes et objets qui pourraient être les expressions symboliques de ces « tribus » contemporaines.