Charlène Guyon-Mathé

Dernière mise à jour le 16 février 2022

Née en 1992, Charlène Guyon-Mathé vit et travaille à Nantes. Sa pratique gravite autour de ses rêves personnels. Artiste au langage polymorphe, son intention est de créer les objets d’un nouvel environnement entre reflet et vision altérée du monde. Diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Angers en 2016, elle a dernièrement exposé son travail à Nantes à l’occasion de l’exposition personnelle Plaisir d’offrir, présentée par Aérobic Galerie. Elle est à l’initiative d'expositions collectives à Nantes (Château en Fibula, Paradis Amer) où elle s’attache à réunir une pluralité de pratiques au sein d’atmosphères fantaisistes et immersives. Depuis peu, elle transmet sa passion pour le tissage au cours d’ateliers de pratiques artistiques aux Ateliers de la Ville en Bois.

« Fascinée par ce qui se dérobe, j’explore les rêves, l’impalpable et les faits inexpliqués.

En rêve, je glane, observe et reviens sur mes pas, comme si il y avait parfois quelque chose à déchiffrer. Au réveil, je m’amuse à faire l’équation entre mon rêve et mes impressions pour fabriquer les formes qui m’animent. Le rêve est, à la fois miroir et renversement du monde, tout y est possible. C’est comme une autre réalité dont la logique est aléatoire. La nuit, l’enfant qui sommeille en moi se réveille pour découvrir avec émerveillement ce que le rêve a à m’offrir. Actrice, spectatrice, avec ou sans libre arbitre, je suis perméable.

Le rêve « n’existe qu’à l’instant où il a cessé d’exister »1, cela en fait une matière polymorphe et malléable. Jamais figé dans un ici et maintenant, il résiste. En ce sens, je m’attache à fabriquer des oeuvres à l’image des émotions qui les accompagnent. Au fil du processus s’installe un glissement qui vient dénaturer le rêve.

Le rêve est pour Freud un phénomène de régression à plusieurs titres. On retrouve cette idée dans mon travail où je réutilise des langages propre à l’enfance et aux loisirs créatifs (couleurs vives, assemblages, formes simples). J’envisage mon processus créatif comme un chaudron dans lequel rêve, état d’esprit et intention composent les ingrédients à partir desquels façonner.

Quelles formes prêter à ces souvenirs ? Ce jeu stimule ma curiosité et m’amène à découvrir de nouvelles techniques. J’appréhende chaque apprentissage comme un éveil. Au fur et à mesure, des méthodes se renouvellent, comme faisant partie d’un rituel quotidien. A l’image du travail de la maille, je privilégie des processus qui s’inscrivent dans le temps pour accorder une temporalité à ces « images » dérobées.

Mes oeuvres sont pensées comme des objets narratifs. Elles sont amenées à nourrir diverses compositions. Le dispositif d’installation devient alors un jeu de construction me permettant de créer des ponts entre mes pièces. Mon intention est de créer les éléments d’un nouvel environnement, entre reflet et vision altérée du monde. Mes oeuvres sont conçues comme des supports à l’introspection; elles sont à même d’être les réminiscences de celui qui regarde. Inspirée par des artistes tel que Louise Bourgeois, Yves Tanguy, Jim Shaw ou encore Jonathan Baldock, ma pratique renvoie aussi bien au récit autobiographique qu’à l’inconscient collectif. »

Charlène Guyon-Mathé

1- STAMATOPOULOU, ZOÉ, « Comprendre les relations entre rêve et pathologie organique selon la pensée de Sami-Ali. », Le Coq-héron 4/2007 (n° 191) , p. 101-105

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