Weiler Justin

Dernière mise à jour le 27 août 2020

Artiste plasticien d’origine parisienne, né en 1990, Justin Weiler vit et travaille à Nantes. Il est diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris avec les félicitations du jury (DNSAP 2017).

Il a été successivement lauréat du Prix des Arts Visuels de la ville de Nantes, de la 15ème Biennale des Arts actuels du CRAC de Champigny sur Marne et de la Bourse Diamond. Son travail a été présenté lors de plusieurs expositions en France, mais aussi en Chine, à Chypre et au Luxembourg. Il est aujourd’hui artiste membre de la Casa de Velazquez à Madrid.

Par son sujet et sa technique picturale maîtrisée, Justin Weiler écrit sa peinture avec la lumière pour aboutir à une image en révélant les différents niveaux de noirs. Son espace, son support, fixent la lumière tel un photogramme. C’est dans une gestuelle minutieuse, frénétique ou encore automatique qu’il peint, mais toujours par succession de couches monochromatiques qui lui permettent un travail en profondeur, tel un sculpteur. Chaque fine strate, démultipliée vient apporter de la luminosité.

Son environnement quotidien est empli de vitrines de magasins.

Elles constituent à ses yeux une frontière, un espace entre l’intérieur et l’extérieur. Souvent temporaires, en période de travaux par exemple, elles servent à cacher, à dissimuler ce qui se passe à l’intérieur ; la nuit elles occultent, ferment et protègent. On passe devant sans les voir, sans y prêter attention alors que pour lui elles sont sa matière brute. Il veut les rendre visibles, les figer, les immortaliser sur ses supports. L’encre de Chine, le blanc de Meudon et d’autres matériaux, se déploient en épaisseur. L’image la plus simple est rapidement sublimée par un jeu d’ombres, de clairs-obscurs, de reflets et de transparence. Le sujet initial devient alors support représenté et la trace le dessin. Les jeux de lumières et la minutie de ses traits offrent à l’oeil une vision proche de la réalité et ces oeuvres exposées sur les murs deviennent alors des ouvertures. La lumière indissociable de l’ombre est traitée par un jeu de contrastes et superposition de couches d’encre de Chine évoluant de l’obscurité à la clarté et inversement. C’est bel et bien l’espace et le «non-espace» qui existent sur ces façades qui lui importent. Le mot latin «Operire» couvrir, recouvrir, cacher, dissimuler, résume son obsession et son geste artistique.

 

Annie Fillon

Expositions
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