Charlène Guyon-Mathé

Dernière mise à jour le 26 juillet 2019

Charlène Guyon-Mathé est artiste plasticienne. Diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Angers en 2016. Elle vit et travaille désormais à Nantes au sein des Ateliers de la Ville en Bois.

Le rêve « n’existe qu’à l’instant où il a cessé d’exister »*, c’est à partir de ce constat que j’ai développé ma pratique. C’est cette résistance qu’oppose le rêve à la transmission ou à la représentation qui suscite mon intérêt. Le rêve dans son informité permet une infinité de formes d’art. En pensant le rêve, en le repensant, et en choisissant de retenir certains matériaux plutôt que d’autres, il arrive que la forme change, se mue, se transforme plusieurs fois avant que j’obtienne sa version finale. Le rêve s’impose à moi comme un matériel à user, à façonner. S’opère alors un glissement qui vient dénaturer le rêve au profit de l’objet extrait. Mes œuvres sont chacune le fruit d’un état d’esprit, d’impressions - liées au rêve – qui guident le processus de création. C’est avec curiosité que je cherche à prêter des formes à ces souvenirs, ce qui m’amène à diversifier les techniques et à en découvrir de nouvelles. Au fur et à mesure, des méthodes en viennent à se renouveler, comme faisant partie d’un rituel quotidien.

Je privilégie des processus qui nécessitent du temps, comme pour accorder une valeur - ou en tout cas une temporalité - à ces « images » dérobées. Le rêve est pour Freud un phénomène de régression à plusieurs titres, c’est sur cette même logique que s’articule mon travail. Je réutilise les langages du loisir créatif (couleurs vives, assemblage, matériaux simples...) afin de retranscrire de manière abordable ce qui est, avant tout, de l’ordre d’un sentiment primaire. Parfois, les éléments ainsi isolés prennent la forme de semi-abstractions. Si je conçois mes œuvres de manière indépendante, j’aspire à ce que le dispositif d’installation devienne un jeu de construction à même de créer des ponts entre mes pièces.

 Artiste au langage polymorphe, mon intention est de créer les objets d’un nouvel environnement entre reflet et vision altérée du monde. Je conçois mes œuvres comme à même d’être les réminiscences de celui qui regarde, en tout cas elles sont des supports à l’introspection. Inspirée par des artistes tel que Louise Bourgeois, Yves Tanguy, Jim Shaw ou encore Jonathan Baldock, ma pratique renvoie aussi bien au récit autobiographique qu’à l’inconscient collectif.

 

 
 

Pauline Gompertz, Aristophane, installation vidéo, 2018

 

* STAMATOPOULOU, ZOÉ, « Comprendre les relations entre rêve et pathologie organique selon la pensée de Sami-Ali. », Le Coq-héron 4/2007 (n° 191), p. 101-105

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