Dupuy Jean

Dernière mise à jour le 22 juin 2012

Jean Dupuy est né en 1925 a Moulins dans l’Allié.

Après 17 ans à New York, Jean Dupuy s’installe a Pierrefeu près de Nice en 1984. Il publiera alors son premier livre, Ypudu, Anagrammatiste (éditeur C. Xatrec, 1987).

Il travaillera sur les anagrammes et accompagnera la plupart de ses oeuvres de ces équations de lettres. Dans le cadre d’un partenariat avec le Frac de Bourgogne, RDV propose de découvrir et redécouvrir ses sérigraphies et ses dessins.

Après une période picturale parisienne, celle de l’Abstraction lyrique de la fin des années cinquante et du début des années soixante, Jean Dupuy quitte la France en 1967, abandonnant derrière lui une œuvre qui ne le satisfait pas. Il trouvera alors à New York le dynamisme d’une scène artistique et des possibilités créatrices nouvelles.
En 1968, un concours lancé par E.A.T. (Experiment in Art & Technology), lui donne l’occasion de réaliser Heart Beats Dust (« Le cœur bat la poussière » ou Cône pyramide), œuvre qui fait appel à la participation du public. Les pulsations cardiaques d’un observateur sont captées et amplifiées par un stéthoscope électronique. L’observateur entend les battements de son cœur et simultanément les voit agir sur une membrane qui propulse, dans un faisceau lumineux, en forme de cône à base pyramidale, un nuage de pigment organique rouge (Lithol Rubine : densité 1,56), le tout étant enfermé dans un caisson vitré. Ainsi “la machine”, “sculpture de poussière”, remplit deux fonctions (sans observateur, Heart Beats Dust est un objet inerte). La pièce présentée au MOMA en 1968 remporte un tel succès public que Illeana Sonnabend invite Jean Dupuy dans sa galerie et lui offre, jusqu’en 1973, la possibilité de créer des œuvres faisant appel à une technologie souvent très sophistiquée. Il existe environ treize versions identiques de Heart Beats Dust (ou Cône pyramide) dont celle du Frac de Bourgogne acquise en 1985.
En 1970, la Cummins Engine Company qui fabrique des moteurs diesel, commande à Jean Dupuy une œuvre, au titre du mécénat d’entreprise. Jean Dupuy propose de rendre visibles les quatre éléments : fire, earth, water, air, contenus dans un moteur. La grande difficulté pour Cummins, a été de montrer la combustion (feu). Jean Dupuy, lui, ne s’intéressait qu’aux résidus polluants de celle-ci, représentant à ses yeux l’élément “terre”, vus dans une boule en pyrex reliée au pot d’échappement. Présentée dans l’exposition historique Art & Technology au Los Angeles County Museum of Art, Fewafuel fait scandale par la double dénonciation que l’œuvre opère de la pollution industrielle et de la guerre au Vietnam dans laquelle l’entreprise mécène se trouve engagée. Le moteur est rapatrié à Paris en 1993 à La Villette puis donné au Frac de Bourgogne par l’artiste en 1996, suite à une rétrospective organisée par le Frac. Il est remis en état de fonctionner en 1999 à l’occasion de l’exposition de la collection du Frac intitulée Les coups. Il existe également une version plus petite de Fewafuel, réalisée avec un moteur de scooter en 1992 à Montréal (Centre d’art contemporain). Cette œuvre a été reproduite à Dijon fin 1995 et donnée au Frac.
En 1976, Jean Dupuy rencontre à New York George Maciunas et de cette rencontre naîtra une collaboration étroite jusqu’à la mort de “Mr. Fluxus”, en 1978. De 1976 à 1984, Jean Dupuy fera du loft de George Maciunas, dont il héritera, un lieu de performances et d’expositions collectives (Le Grommet Studio : l’histoire de ce lieu est décrite dans un livre de l’artiste, Collective Consciousness, Art Performances In The Seventies, Performing Arts Journal Publications, New York, 1981).
En 1979, il réalise, Lazy Suzan : suspendue à deux échelles, une roue mobile montée sur un roulement à billes (un lazy Suzan aux Etats-Unis) est bloquée avec un cadenas. On ne peut plus la faire tourner, mais comme l’explique un texte anagrammatique rédigé par l’artiste, Lazy Suzan tourne encore puisqu’elle suit “paresseusement” la rotation de la terre. Ainsi Lazy Suzan est une œuvre qui signale la parenté d’esprit de Jean Dupuy avec George Maciunas, Jackson Mac Low, George Brecht, Robert Filliou...
Une de ces œuvres résume les recherches de l’artiste dans le domaine de l’objet multimédia : Aero Air, 1983-1997, se présente comme Cône pyramide, dans un caisson (hauteur 180 cm) percé d’un minuscule trou à travers lequel on voit des particules de poussière passer telles des étoiles filantes. Cet objet est aussi un instrument de musique : six électrophones automatiques entraînent six trente-trois tours sans enregistrement. La poussière attirée dans les sillons muets des disques produit la matière sonore au passage des diamants, matière sonore imprévisible. C’est un instrument de musique autonome. Les multiples bruits possibles ont été exploités par Jean Dupuy dans ce type d’œuvres.
En 1984, Jean Dupuy quitte New York, s’installe à Pierrefeu près de Nice pour écrire des livres dont tous les textes en couleur sont anagrammatiques. La plupart de ses œuvres sont accompagnées de ces équations de lettres, les contraintes liées à cette forme d’écriture le conduisant à découvrir un domaine musical inattendu qu’il développe en séries homophoniques (ré-mi-si-la-sol : “Musique cruelle”).
Enfin, les trente-six toiles sérigraphiques produites entre 1989 et 1992 et données par l’éditeur “Fluxus” italien Francesco Conz, ont été rassemblées dans un catalogue conçu par Jean Dupuy en 1998. Cet ouvrage constitue un corpus essentiel pour la compréhension des techniques créatrices et de la pensée originale d’un artiste ouvert à tous les miraculeux coups du hasard, qu’il provoque à l’envi."

 

      Emmanuel Latreille

 

 

Expositions (sélection)

 

2007 - Flux, F.R.A.C. de Bourgogne

2007/08 - Expositions personnelles au MAMAC de Nice et à Semiose galerie, Paris.

2008 - En quatrième vitesse, exposition des peintures des années 1950 et 1960 à la Villa Tamaris, la Seyne Sur Mer

             - À la bonne heure, exposition monographique à la Villa Arson, Nice.

 

 

Expositions
Voir aussi