FINIZIO Francesco

Dernière mise à jour le 06 décembre 2018
   
   
   

Francesco Finizio est né aux Etats-Unis d’immigrés italiens. Après des études à New York à School of Visual Arts (BFA) puis à Hunter College (MFA, 1993), il s’installe en France. En 2006, il quitte Marseille et s’installe dans le Finistère pour enseigner à l’Ecole Européenne Supérieure d’art de Bretagne, site de Brest.  A partir des ressources disponibles sur place, utilisant des outils à la fois simples et sophistiqués, il crée des installations —véritables espaces hallucinés— qui poussent une situation donnée jusqu’à son paroxysme afin de révéler les états contradictoires et les dimensions cachées du monde économique dans lequel nous vivons.

 

" Durant les années 2000, Francesco Finizio développe des dispositifs qui poursuivent son exploration des questions de transaction, de circulation et d'expérience, et sa mise à nu de la difficulté de transmission. Procédant toujours par résonances visuelles et associations d'idées, il se livre à diverses expérimentations, qui passent par le jeu ou la rêverie et qui frôlent souvent l'absurde. Les œuvres de Finizio sont souvent des dispositifs d'écoute et de transmission, qui rendent l'action incertaine, suspendent le temps et échappent totalement à une logique de productivité, de performance et d'exactitude. La transmission s'effectue alors toujours dans l'écart, la perte et l'approximation (Centre de Tri Visuel, 2002-2003). Finizio questionne notre potentiel d'expérience dans un monde ultra-contrôlé, commercialisé et préfabriqué. Ce regard décalé et doucement critique, porté sur la société et ses stéréotypes, peut aussi faire intervenir la présence animale : Canary Island (2004) fait « piloter » de manière imprévisible par un canari la programmation musicale d'une station radio pirate. Francesco Finizio aime mettre en friche ou en mutation des lieux, pour souligner un processus et pour mieux brouiller les frontières, par exemple entre le monde de l'art et celui de l'entreprise (How I Went In & Out of Business for Seven Days and Seven Nights, 2008 : galerie ACDC à Bordeaux devenue un chantier commercialisant successivement divers matériaux en sept jours). Dans cet intérêt pour les sites investis, pouvant devenir des no man's land, Finizio réalise Jackson Hole (2008) qui parodie et parasite Neverland, le parc d'attraction créé par Michael Jackson. Les vues de Francesco Finizio ont parfois un caractère hallucinatoire et semblent capter nos rêves collectifs à travers des projets de constructions toujours inachevés (restes de feux de bois, tipis improvisés, chaise longue, fauteuils, piquets de manifestations, pelles et pioches pour chercher un trésor...)".

Texte extrait du guide du visiteur, réalisé par l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne/Rhône-Alpes, pour l'exposition Yes, we don't du 20 mai au 14 août 2011.

 

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