La galerie RDV poursuit son concept d’exposition intergénérationnelle en laissant une carte blanche à un jeune plasticien qui invite à son tour l’artiste ainé de son choix pour une exposition en duo.

Du 4 mai au 15 juin 2019, RDV présente : Pollen Vendredi, une exposition de l’artiste nantais Alexandre Meyrat Le Coz accompagné d’Arthur Gillet.

Suite à la proposition de la Galerie RDV, Alexandre Meyrat Le Coz et Arthur Gillet ont décidé de faire de cette rencontre une véritable collaboration en créant une installation inédite. Ils partagent une résidence d’un mois aux Ateliers Bonus à Nantes.

Ainsi naît Pollen Vendredi.

C’est un paysage, une installation immersive qui transpose le spectateur dans un espace imaginaire foisonnant, en quête d’expériences sensorielles.

Les plantes s’éveillent dans une sculpture monumentale en céramique et se mêlent aux textiles pour former un ensemble, une harmonie, questionnant le désir comme principe vital, et la mort dans son ombre. Pollen Vendredi est une exposition qui affirme un temps hors du temps et qui s’intéresse à nos mythologies contemporaines.

« À Dionysos, le dieu qui rend « l’âme liquide », est associé l’interlope et les homosexuels. Comme ces derniers, il est de toute façon lié à tout ce qui échappe à la civilité peut-être, mais au contrôle aussi. Il renvoie à cette idée, où le sexe et la nature se confondent comme un espace chassé de la ville et de l’espace public. L’une de leurs armes, les contemporaines fakes news, ne le sont pas tant que ça. Clément d’Alexandrie, Pausanias et bien d’autres, nous rapportent le mythe du berger Prosymnos (amant de Dionysos) dont la poésie païenne ne manquera pas de toucher ceux qui ne s’encombrent pas d’une « morale publique ». Pourtant leur vision partisane de la christianisation antique est bien plus sensible à l’effroi des phallus jugés obscènes de l’Argolide à l’Arcadie, qu’à la plasticité magique des sentiments dans les mythes anciens. Au point où les exégètes se demandent si ce mythe a réellement existé autrement que comme un outil politique. Il nous rappelle ces fictions d’un changement climatique naturel, de génocides blanc et d’un féminisme jetant aux entrejambes de la javel qui se répandent dans le flot de l’internet et des médias où tant aiment se refléter. Nous avons décidé pourtant qu’en l’état ce mythe d’un berger et d’un dieu était beau et que nous allions le rendre à ceux qu’il concerne. A ceux qui considèrent la nature comme une source nécessaire, aux autres qui envisagent le désir comme une force vitale, et puis à celles que la cité a échoué à faire participer. Mais peut-être aussi à ceux qui ont oublié de regarder cette nature au loin comme celle qui les traverse. »

 

Vernissage le 4 mai à partir de 18h, en présence d'Alexandre Meyrat Le Coz et Arthur Gillet

Exposition du 9 mars au 20 avril 2019.