CELESTE RICHARD ZIMMERMANN
CAVE CANEM

 

Du 19 septembre au 15 octobre 2020
Vernissage le vendredi 18 septembre

 

Pour sa deuxième exposition à la galerie RDV, Céleste Richard Zimmermann invente un jeu de faux-semblants. « CAVE CANEM », du latin « Attention au chien » sonne l’alerte au spectateur. Un ensemble de sculptures et bas-reliefs en polystyrène taillés selon les techniques de décor racontent une histoire actuelle teintée d’un passé trouble, ambiguë et dénuée de morale manichéenne. A la façon des frises antiques et des gigantomachies, les bas-reliefs imagent des combats épiques et pourtant familiers.

 

Sculptée dans la masse, la figure du chien s‘enlace à celle de l’homme pour incarner le mythe de « chien du pouvoir ». La meute est-elle une émeute ? Comme son étymologie le suggère, elle est animale et humaine à la fois. Toutefois, le regard ne sait s'il assiste à une insurrection ou à une chasse.

Ces carcasses de CRS, formes archétypales de la force ou de l‘oppression sont façonnées d’un matériau pauvre et fragile. Elles interrogent les figures de l’autorité qui dès lors n’incarnent qu’un mirage, une esthétique de la ruine.

Des cocktails Molotov factices célèbrent ce constat à la façon de vraies bougies et pourraient embraser le bûcher symbole d'un feu nouveau. Enfin les plaques martyrs sur lesquelles se déroulent ces scènes nous interroge sur la valeur de ce matériau.

Les martyrs (plaque servant à protéger le plan de travail à l’atelier) semblent avoir toujours le rôle de matière à sacrifier.

Tout est prétexte à questionner la force ou la faiblesse d’un pouvoir qui a besoin de la brutalité répressive pour se maintenir.

De la bataille historique à l’émeute bouffonne, des héros antiques aux « Chiens de l’état », du marbre blanc au décor de polystyrène, rien n’est tout à fait ce qu’il semble être ; et de ce décalage nait un questionnement sur les sources de l’autorité, de la légitimité et du renversement.

©Gregg Brehin