La monade chez Leibnitz est une substance simple « qui entre dans les composées ; simple, c'est à dire sans partie. Et il faut qu'il y ait des substances simples, puisqu'il y a des composés : car le composé n'est autre chose qu'un amas des simples. (…) Nous expérimentons nous-mêmes une multitude dans la substance simple, lorsque nous trouvons que la moindre pensée dont nous nous apercevons, enveloppe une variété dans l'objet. »

Le matériau utilisé pour cette exposition est le mélaminé : couramment nommé formica, il est utilisé dans l'agencement, la construction de mobilier, les cuisines... C'est un agglomérat de fibres ou de particules de bois collées et pressées recouvert de résine. Le mélaminé est un matériau bon marché et usiné en quantité industrielle. Le format pour cette exposition est de 2800 x 2070 mm. Le poids de chaque format est environ de 100kg.

Pour moi le mélaminé est déjà une peinture dans le sens où une peinture est un élément plat recouvert d'une matière. La forme finale de l’œuvre présentée est déterminée par le mouvement d'un format. Mur, plafond, sol ; le premier format est disposé de telle sorte que trois angles touchent l'architecture. Il y a une confrontation directe à l'architecture par l'installation. Nous pouvons donc dire que cette pièce tient dans l'élément modulaire de la peinture et qu'elle trouve par l'installation sa concrétisation dans le volume même de l'architecture.

Il ne s'agit pas de dire que la simplicité mène au complexe mais que la contrainte de départ du format et de l'espace architectural induit une complexité dans le fait de nommer ce que l'on voit, qu'une substance simple comme le mélaminé peut engendrer la sculpture, la peinture et l'installation.

En suspend entre trois formes, le prisme choisi aboutit à une lecture multiple. Au final par un seul élément répété, trois lectures sont possibles.

Dans la deuxième pièce de cette exposition le même matériau (mélaminé) est utilisé pour redéfinir l'espace. L'éclairage d'origine y a été abstrait pour être déplacé verticalement. Il s'agit du même type de néons. Un espace est formé par les parois où la lumière contrainte s'échappe. Un moment et un point de vue phénoménologique sont créés : un dégradé d'une seule couleur. Le dispositif est visible et nous ramène à la matérialité du sol et des éléments qui le constituent. Chercher un moment de grâce pour le perdre presque instantanément.

Verticale monade est un titre emprunté à l'artiste américaine Elaine Sturtevant.