Exposition du 30 août au 2 octobre
 
Carte blanche à Addaya Centre d'Art Contemporani, Alaró, Majorque, Espagne. Dans le cadre de la 18° édition de la QPN consacrée au thème "Devenir".
Artistes invités : Joan Bennassar CerdàDavid CrespoJorge FuembuenaJennis Li Cheng TienTomás Pizá et Andrés Senra

(Texte en version originale, espagnol, en fin de page)
Selon notre système de valeurs, nous comprenons « le paradis terrestre » comme but auquel nous devrions tous aspirer, destinée que nous souhaiterions à chacun des éléments qui nous entourent, fussent-ils un paysage, des personnes, etc. Quel que soit notre lieu de vie, cet objectif doit nous permettre d’atteindre le plus haut degré de bonheur de façon partagée et non pas de manière individuelle.

Créer un débat sur l’emplacement géographique de ce paradis ou reprendre les conversations des spécialistes ne correspond pas à notre intention. Nous ne sommes pas responsables de cette discussion qui ne nous intéresse d’ailleurs pas : nous comprenons que le monde dans lequel nous vivons est empli de lieux qui sont d’incroyables paradis.
Quoi qu’il en soit, comme chacun sait notre sensation de bonheur ne dépend pas uniquement du lieu plus ou moins idyllique dans lequel nous nous trouvons -bien que cela puisse y contribuer- mais plutôt de notre capacité à percevoir, déchiffrer, comprendre, aimer et respecter dans ce lieu comme dans d’autres. Et pourtant nous continuons sans relâche à nous mentir et à le chercher là où il n’est peut-être pas, notre paradis terrestre, ce monde idéal.
C’est avec cet état d’esprit que s’est articulé le projet présenté à RDV, Paradís terrenal,avec les œuvres de Andrés Senra, Jorge Fuembuena, Tomàs Pizà, Jennis Li Cheng Tien, Joan Bennassar et David Crespo.

Les œuvres sélectionnées pour l’exposition -photographies, peintures, vidéos et installations- ont été produites dans des contextes et des perspectives multiples, toutes portent un intérêt particulier à la communauté, à la relation de l’individu avec son entourage. Elles ont trait au désir et à la recherche d’un monde meilleur. Dans certains cas il s’agit d’une recherche temporelle, par le biais de vacances dans des lieux exotiques pour nous, et/ou par la re-création de ces lieux afin que nous puissions en profiter.

Le projet Permanent vacation que présente Joan Bennassar Cerdà (Majorque, Espagne, 1991), est une réflexion autour du projet Tropical island situé dans une coupole en périphérie de Berlin ; ce complexe touristique rappelle immédiatement le film The Truman show (Peter Weir, 1998).

D’autres projets au sein de l’exposition s’intéressent à des formes de vie alternatives, comme le travail d’Andrés Senra (Rio de Janeiro, Brésil, 1986) portant sur la communauté autogérée de Christiania, un espace occupé depuis 1973 au cœur de Copenhague dans la volonté de matérialiser une ville complètement autonome et détachée de l’Etat. L’œuvre se présente comme un portrait incarné par les personnes, paysages, architecture et  lieux de loisir de Christiania tout en créant des résonnances avec l’histoire de la littérature, la peinture, l’architecture, le territoire, la cartographie mais aussi l’urbanisme des cités idéales.

Jennis Li Cheng Tien (Taïwan, 1983) propose Counterforce, cette vidéo est le résultat d’une recherche sur le principe de  "Schrebergarten" (potager urbain) et de la méthode créée par M. Schreber. Cet inventeur d’appareils et équipements sportifs d’intérieurs a expérimenté ses créations sur ses enfants afin d’appuyer sa théorie de l’énergie excessive des jeunes et leur nécessité de liberté. M. Schreber a abandonné sa méthode après avoir constaté que les enfants pouvaient jouer sainement dans les jardins éloignés des villes, en contact direct avec la nature. Ce projet artistique et scientifique éprouve nos comportements contemporains inhérents à la recherche du bonheur. Cette quête semble nous éloigner chaque fois plus de l’humanité, de la nature par les avancées scientifiques et technologiques, de la vie en communauté (bien que nous vivions de cette façon), et privilégierait l’individuel sur le collectif. C’est dans ce contexte que la création de potagers urbains, d’autant plus dans des grandes villes, signifie beaucoup plus que l’opportunité d’avoir son propre jardin, de semer, c’est beaucoup plus qu’un retour à l’authentique, au goût de chaque chose, à la relation à la terre, à la communication avec les autres, à un équilibre naturel total, ces potagers pourraient être les traces d’un paradis, une façon de le retrouver, même si cela se formalise dans quelques mètres carrés.

Cette vidéo rejoint le travail photographique de Jorge Fuembuena (Saragosse, Espagne, 1979) : Wood stories, recherche portée sur les communautés autonomes qui militent pour le réensauvagement(rewilding). Jorge Fuembuena s’est plus particulièrement intéressé à la communauté de la ZAD (Zone à Défendre), territoire prévu pour la construction du futur aéroport international à Notre Dame des Landes, espaces actuellement couverts de champs et bois proches de l’agglomération nantaise.

Le projet de David Crespo (León, Espagne, 1984)Fuera de juego, a été réalisé au cours de sa résidence à Berlin et porte sur le jeu et les loisirs développés dans les parcs et zones naturelles de la ville. Ces espaces constituent une immense publicité pour le tourisme, ils sont une vitrine de la culture du loisir tant valorisée par Berlin. Ce type de culture populaire rend la ville beaucoup plus attractive pour la jeunesse en recherche d’une expérience professionnelle à l’étranger qui est séduite par ce dynamisme et cette apparente prééminence du loisir, bien que dans la réalité la vie dans cette urbanisation soit plus complexe et précaire. Par le biais de ce projet, l’artiste analyse l’immigration de jeunes espagnols vers cette ville en particulier. Ce déplacement migratoire a été provoqué par l’oppressante crise espagnole survenue après des années de prospérité, actuellement tous les projets de développements sont brisés pour la jeunesse, l’impression de vivre dans un paradis a été abandonnée. La situation est pour le moins paradoxale : L’Espagne est un paradis perdu pour des personnes contraintes à devenir immigrées, ce pays ne permettant plus à sa jeunesse de développer ses ambitions, bien que par ailleurs ce même pays continue d’accueillir des touristes et résidents étrangers dans des urbanisations résidentielles, hermétiques à la réalité du pays.

Tomàs Pizà (Majorque, Espagne, 1983), présente également le résultat d’une bourse de résidence au Karl Hofer G de Berlin. Son œuvre Berlín ausgedehnt se compose d’une série de peintures de paysages de Teufelsberg, un complexe en ruines érigé sur une montagne de décombres déplacés à cet endroit avec l’intention d’occulter à jamais les restes d’un autre édifice, édifice qui en raison de sa robustesse n’a pas pu être détruit. Au travers de ces peintures l’artiste aborde les thèmes de la dystopie (contre-utopie, récit fictif d’une société négative pour ses individus), du monde après l’effondrement de sa civilisation : quel serait notre univers après notre propre disparition? Cette réflexion s’inscrit  dans les peintures de Pizà avec la représentation d’un monde en ruines : la ville de Berlin après une catastrophe ou encore son anéantissement à la suite d’une guerre totale ?, il s’agit en réalité d’un espace créé par la superposition des architectures susnommées. Ces dernières nous rappellent la nécessité de se souvenir, de maintenir une mémoire. Apparaît ainsi une nouvelle manière de faire l’Histoire, en se rappelant des oublis opérés par la modernité : il n’y aura pas de paradis sans mémoire.

Le paradis terrestre se trouve ici, nous devons simplement ouvrir les yeux, le voir, le ressentir et surtout ne pas le détruire. Les générations futures sont là !

Site internet de Addaya



Légende des visuels : Jorge Fuembuena, série Wood Stories, 156 x 126 cm chacune, photographies. 2013 © Courtesy de l'artiste et d'Addaya Centre d'Art contemporani
Légende du visuel illustrant l'article : Joan Bennassar Cerdà, Permanent Vacation, 50 x 60 cm, photographie 
© Courtesy de l'artiste et d'Addaya Centre d'Art contemporani

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Texte en sa version originale

Entendemos a nuestro modo de pensar, que paraíso terrenal es aquello a lo que deberíamos aspirar, lo que deberíamos desear para todos, fuera aquello que nos rodea, paisajes, gentes, etc.. estemos dónde estemos, y que nos ayude a conseguir el máximo grado de felicidad, y no solo individualmente.

No nos interesa, ni es nuestra intención, crear discusión alguna, en cuanto a la situación geográfica en la que los estudiosos sitúan el Paraíso Terrenal, dicha discusión no nos corresponde y tampoco nos interesa. Igualmente entendemos que éste mundo en el que vivimos está lleno de lugares que son increíbles paraísos.

En todo caso, como todos sabemos cierto, nuestra sensación de felicidad, no depende solo del lugar más o menos idílico en el que nos encontremos, aunque puede ayudar claro, sino de lo que sabemos encontrar, descifrar, comprender, amar y respetar, éste entorno, así cómo a los demás. Aunque sigamos engañándonos siempre, y sigamos buscando dónde no es, o si, nuestro paraíso terrenal, nuestro mundo ideal.

En éste sentido, se articula ésta muestra que se presenta en Galerie RDV, Paraíso Terrenal, con obras de Andrés Senra, Jorge Fuembuena, Tomàs Pizà, Jennis Li Cheng Tien, Joan Bennassar y David Crespo.

Las obras elegidas para la exposición, fotografía, pintura, video e instalación, reflexionan a partir de diferentes perspectivas y temáticas, y dedicando especial atención a la comunidad, la relación con el entorno,  giran en torno al deseo de búsqueda de un mundo mejor. En unos casos, se trata de una búsqueda temporal, a través de las vacaciones en lugares exóticos para nosotros, y/o a la recreación de éstos para nuestro disfrute.

El proyecto Permanent vacation que presenta  Joan Bennassar Cerdà (Mallorca, España, 1991), es una reflexión acerca del proyecto Tropical Island, situado dentro de una cúpula en las afueras de Berlín, un complejo que remite enseguida al film El show de Truman. Otros proyectos presentados reflexionan acerca de formas de vida alternativas, como el trabajo de Andrés Senra (Rio de Janeiro, Brasil, 1968)sobre la comunidad auto gestionada de Christiania,un espacio ocupado desde 1973 en el corazón de Copenhague con la intención de materializar una ciudad completamente auto gestionada al margen del Estado. La obra se presenta como un retrato a través del video de las personas, los paisajes, la arquitectura y los lugares de ocio de Christiania, estableciendo nexos con la historia de la literatura utópica, la pintura, la arquitectura, el territorio, la cartografía y el urbanismo de las ciudades ideales. Jennis Li Cheng Tien (Taiwán, 1983), presenta Counterforce, un video resultado de una investigación sobre la idea original del "Schrebergarten" (Huerto urbano) y el método del Sr. Schreber, el hombre que ideó unos aparatos de equipos de gimnasio contemporáneo y experimentó con sus hijos para apoyar su teoría sobre la energía excesiva de los niños y su necesidad de ser libres. Método al que renunció después de darse cuenta que los niños podrían jugar sanamente en los jardines que están lejos de la ciudad, y en contacto con la naturaleza. Éste proyecto, no hace sino, reflexionar acerca de nuestros comportamientos contemporáneos entorno a la búsqueda de la felicidad. Una búsqueda, que parece, nos está alejando a la humanidad, cada vez más, a través de los avances científicos y tecnológicos, de la naturaleza, de la vida en comunidad aunque estemos inmersos en ella, prevaleciendo lo individual sobre lo colectivo. Es en éste sentido que a día de hoy los movimientos como las creaciones de huertos urbanos, más aún en las grandes ciudades, significan mucho más que una oportunidad de tener un propio huerto, en el que practicar la siembra,  un retorno a lo auténtico, a los sabores propios de cada cosa, a la relación con la tierra, a la comunicación con el resto de la comunidad, a un equilibrio natural para que todo funcione, por si algo queda del paraíso, o para recuperarlo, aunque sea en unos metros cuadrados. El proyecto anterior, enlaza con el proyecto fotográfico que presenta Jorge Fuembuena (Zaragoza, España, 1979), Wood stories, es un proyecto de investigación sobre comunidades autosuficientes que practican un retorno a la vida silvestre (rewilding) . En éste caso concreto, perteneciente a la comunidad residente en la ZAD (Zone à Défendre), territorio previsto para la construcción del futuro aeropuerto de Notre-Dame des Landes, extensión de campo y bosque a solo unos kilómetros de Nantes que debería, según la autoridades, dejar lugar a un aeropuerto internacional. El proyecto de David Crespo (León, España, 1984)Fuera de juego, resultado de su estancia en Berlín, trata sobre el juego y el ocio desarrollado en los parques y zonas verdes de la ciudad. Espacios que son un reclamo turístico de gran magnitud, y que dan escaparate a la cultura de ocio, que tanto se vende en la ciudad. Un tipo de cultura popular que hace a la ciudad mucho más atractiva para jóvenes que buscan una oportunidad laboral en el extranjero, seducidos por ese dinamismo y cultura de ocio que parece abundar, aunque luego en la propia realidad de la ciudad, la vida sea mucho más hostil y precaria. El artista, analiza a través de éste proyecto, la importante inmigración protagonizada por gran cantidad de jóvenes españoles hacia ésta ciudad en concreto, y provocada por la aplastante situación de crisis generada en España, después de los años, en el que el país gozó de un nivel de vida próspero, y cuyas expectativas se han visto totalmente rotas, sin futuro, lejos del paraíso en el que parecía estábamos viviendo. La situación, es cuando no paradoja, de ser el paraíso para tantas personas obligadas a convertirse en inmigrantes, que veían a España como lugar ideal, hemos pasado a significar un lugar sin expectativas para sus jóvenes, aunque por otra parte siga siéndolo para tantos turistas, y residentes extranjeros, en sus urbanizaciones residenciales, ajenas a la situación del país. Tomàs Pizà (Mallorca, España, 1983), presenta un trabajo resultado también de una beca de residencia en Karl Hofer G de Berlín. En su proyecto, Berlín ausgedehnt, presenta una serie de pinturas que representan paisajes pertenecientes a Teufelsberg, un complejo en ruinas, asentado sobre una montaña de escombros, que se trasladaron allí con la intención de tapar para siempre los restos de otro edificio, que por su solidez en la construcción no pudo destruirse.  A través de éstas pinturas, reflexiona sobre la distopía (ciencia ficción de carácter negativo que se opone a la utopía) ha venido a plantear el mundo tras la civilización, tras el colapso de la misma, ¿cómo sería el mundo cuando ya no estemos ningu­no de nosotros?, este planteamiento entronca con las pinturas de Pizà presentando un espacio en ruinas,¿ la ciudad de Berlín después de un debacle? o ¿la aniquilación tras una guerra global?, pero en realidad se nos plantean espacios fruto de la superposición de esa historia que nos recuerdan la necesidad de recordar, se trata de una nueva deriva, una nueva manera de hacer historia recordando lo que la modernidad olvidó: que no habrá paraísos sin memoria.  

El Paraíso terrenal está aquí, simplemente tenemos que abrir los ojos, verlo, sentirlo y sobretodo, no destruirlo. Hay gente que viene detrás!