A travers ses installations, Claire Pollet tente d'interroger l'image, ce dont elle se constitue, mais plus encore notre manière de l'appréhender, poser la question de ce qu'il en est de voir. La mise en scène nous invite à faire partie de l'oeuvre. Celle-ci questionne le temps, un temps dégagé de toute causalité où l'origine et la fin semble pouvoir se confondre. Il reste alors une durée, un temps de regard, un arrêt en mouvement. L'heur, Le sablier, dans la gravure ancienne, divisait le moment présent en deux parties égales.

Autant de sable s'était écoulé dans le fond en verre qu'il en restait encore à passer, un monde équilibré en somme. Le mouvement du pendule semble aujourd'hui plus apte à représenter notre temps : oscillations, course folle d'un extrême à l'autre, une révolution mise à mal par l'attraction universelle. Pour l'heur, un ciel d'un bleu crépusculaire se projette et se refléte. Les cinq balanciers alignés, mis en déséquilibre, renvoient des reflets démultipliés, à différentes échelles, à différents tempos. Les miroirs jouent des mesures de temps et d'espace. La lumière bleue se réfléchie, dessinant éclats et éclipses. Quelques mouvements pour rendre visible du temps.

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