Jouer de l’évidence formelle à en faire léviter les parpaings...
Invité pour une exposition carte blanche au sein de l’espace d’art contemporain RDV, Mathieu Valade présente un ensemble de nouvelles pièces : vidéos, sculptures et dessins. 

Sculpteur, l’artiste travaille la géométrie et les images qu’elle véhicule. La composition est élémentaire, maîtrisée. Ses pièces se distinguent par leur apparente simplicité : des lettrages imposants, des alignements de cubes, des meules de foin, ... La matérialité -rigoureuse, constante- impose une séduction par l’objet ; ses oeuvres assument leur esthétique attractive. A ces formes initiales, Mathieu Valade ajoute des éléments évocatoires comme des logos, ou encore des références explicites à l’histoire de l’art moderne et contemporain. Par cette conjugaison, il active la polysémie contenue dans ses sculptures ; l’objet n’est pas un formalisme sculptural, il est un potentiel de sens. La lecture de ces oeuvres se montre plurielle : le visiteur construit ses regards et réflexions dans une libre interprétation. 

L’oeuvre fonctionne comme un artefact. Dans un jeu entre le sensible et le conceptuel, l’enveloppe physique de ses productions révèle des images mentales tout en soulignant leurs surfaces tangibles. Les rapports de surface, dedans et dehors, physiques et psychiques construisent notre relation aux oeuvres de Mathieu Valade. Un mur de miroirs carrés s’étend sur la galerie RDV. Par notre déplacement, un symbole apparaît sur chaque surface qui réfléchit en même temps notre image. Branded faces -visage de marque- se référerait aux symboles contenus dans chaque miroir (logo de Mc Donalds, de facebook, du parti communiste, du recyclage) ou au visiteur inclus dans l’oeuvre. Le symbole perd sa fonction d’outil de persuasion et s’illustre comme réflexion sur les qualités esthétiques de ce signe.
 
Mathieu Valade Manifeste accueille le visiteur troublant immédiatement les conventions de la salle d’exposition. Deux monitors côte à côte diffusent un monument de la culture populaire : le générique de la saga Star Wars. Avec humour, l’artiste remplace l’épique présentation par une sélection de manifestes ayant structurés l’art moderne et contemporain. La lecture de ces logorrhées philosophiques se fait complexe, et pourtant leur sens en devient d’autant plus évident ; le manifeste est un combat manichéen du Bien contre le Mal, quelque soit la filiation de ce nouveau mouvement sur ses prédécesseurs. 
L’exposition présente également une série de quatre dessins, Concret, où le pointillisme révèle la surface du parpaing, par la précision du trait graphique le poids de la représentation suspend le motif en apesanteur. Mathieu Valade développe aussi son travail autour de l’humanité contenue dans les figures animales, notamment celle du cerf qui se fait Trophée.

Site de Mathieu Valade





Mathieu Valade, Concret. 2014 ©


La réalisation de cette exposition a été rendue possible grâce à l’implication financière du Conseil des arts et des lettres du Québec.
La tenue de cette exposition a été rendue possible grâce à l’implication financière du Programme d’aide institutionnelle à la recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi.