Cécile Desvignes n’aime pas l’architecture... elle lui fait subir toutes sortes de tortures. Elle plie des plans de maison sur eux-mêmes, déplie des escaliers envahissant murs, sols et plafonds, abat les murs d’une maquette, photographie des plafonds devenant improbables, dénature l’échelle d’un lieu en le réduisant au 1/50e. Elle est capable d’infliger à un volume d’en contenir un autre, plus petit mais entièrement déployé sur toutes les surfaces du premier. Elle s’arrange pour dérober les angles d’une pièce pour les transposer ailleurs, construisant une nouvelle architecture alambiquée, voire inhabitable.

Elle se permet de dévoiler les divers recoins d’un lieu, d’en dénoncer les incongruités ou bien de les loger dans les plis d’un calque malmené par ses doigts d’artiste bricoleuse.

Et puis Cécile Desvignes se sauve. Les espaces d’expositions sont des lieux de transit, au même titre qu’une chambre d’hôtel et autres résidences fugitives dont elle aura auparavant enregistré les moindres mesures, recensé toutes les ouvertures, verrouillé tous les secrets. 
Née en 1973, elle fait ses études à Perpignan, puis à Limoges et enfin à Nantes. Elle pose ses valises juste un temps avant de partir en résidence à Budapest (Germinations Europe, 2001) où elle implante le plan d’un appartement matérialisé par ses angles dans trois salles différentes, passe à Bourges (La Box, 2002) pour redimensionner l’espace d’exposition, s’arrête à Tours (Groupe Laura, 2003) pour s’assurer que la chapelle des Lazaristes n’est pas symétrique, fait un passage à Rennes (40mcube, 2003-04) pour vérifier que le lieu mesure bien 40 m3, bifurque par Nouzilly en Indre-et-Loire (2005) pour disposer le plan d’une ancienne boulangerie dans la nouvelle et rentre enfin à Nantes où elle s’apprête à dégueniller l’architecture de la galerie Ipso-Facto. Et après… elle se sauvera encore.

       Éric Foucault, octobre 2005
       texte écrit à l’occasion de l’exposition à Ipso Facto, Nantes 2006

Cette exposition s'est tenue au sein de la galerie Ipso Facto précédemment tenue par Jean-François Courtilat etJean-François Guillon.
Elle a aussi acueilli le travail de Guillaume Millet. Il est représenté par la galerie Bernard Jordan.
 

Légendes des visuels 
Visuels 1 & 2 
>les escaliers dépliés, 2006, détail
peinture acrylique rose fluo au sol et aux murs
282 x 324 x 521 cm

Visuel 3

les escaliers dépliés, 2006, vue d'ensemble
peinture acrylique rose fluo au sol et aux murs
282 x 324 x 521 cm
 
Visuel 4
>les escaliers dépliés, 2005
dessin préparatoire sur papier calque
10 x 24,5 cm

Visuel 5
> vue d'ensemble 1 (au milieu : peintures de Guillaume Millet)
au sol et sur les murs : les escaliers dépliés, 2006 (détail)
peinture acrylique rose fluo
282 x 324 x 521 cm
au mur à droite : les plans décalés, 2006
dessin sur papiers calque
73 x 67 cm

Visuel 6

> dessin préparatoire sur papier calque
10 x 20 cm

Visuel 7
 vue d'ensemble 2 (à gauche : peinture de Guillaume Millet)
au sol : les escaliers dépliés, 2006 (détail)
peinture acrylique rose fluo
282 x 324 x 521 cm