Variation autour des Ecrits corsaires de Pier Paolo Pasolini
Carte blanche à Jérôme Diacre et les artistes de la revue LAURA
 

-- avec Giulia Andreani, Martine Barrat, Franck Charlet, Sanjin Cosabic, Sammy Engramer, Alain Fidanza, Frédéric Lecomte, Diego Movilla et Erwan Venn

RDV invite Jérôme Diacre et le groupe d’artistes proche de la revue Laura à présenter une exposition autour de l’œuvre de l’écrivain, poète, journaliste et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. Assassiné en 1975 à Ostie, cet intellectuel engagé a laissé derrière lui une œuvre multiple et critique. L’occasion pour RDV de se muer en une bibliothèque bien particulière... Peintures, photographies, dessins, livres et installations composent La Candeur Conquérante.

A travers ses photographies, Martine Barrat nous plonge avec elle au cœur des milieux populaires des années 1970-80 de New York et Paris. Comme elle, Pasolini voit dans la jeunesse du sous-prolétariat, première victime de la politique néo-fasciste, le plus bel espoir de résistance à la standardisation des modes de vie et aux dangers de l’acculturation qui guettent les sociétés post-industrielles. Les photographies d’Erwan Venn ne sont pas moins engagées. En supprimant les visages des séminaristes ou militaires que son grand-oncle collaborateur a photographié, l’artiste procède à un travail à la fois artistique et analytique qui met en perspective ses convictions anti clérico-fascistes.

Au cœur de l’exposition, la bibliothèque d’Alain Fidanza (assisté de Léa Jézéquel et Fauve Brignon-Leclerc – scénographes diplômées de l’ENSA Nantes) présente l’ensemble des ouvrages traduits et disponibles en français de Pasolini. Inspirée d’un bâtiment moderniste utilisé par les fascistes, la possibilité qu’offre l’installation de consulter et lire les écrits de l’auteur sonne comme une revanche à la fois politique et esthétique. Face à elle, Adam’s tree symbolise l’arbre de la connaissance biblique, qui est aussi l’arbre de la dualité entre le bien et le mal. Avec cette œuvre, Fédéric Lecomte s’attache plutôt à la dimension sacrée et mythologiques des écrits de Pasolini.

Giulia Andreani utilise la peinture pour interroger la représentation du pouvoir comme Pasolini utilisait la presse. Alors que leurs réflexions politiques coïncident, celui-ci s’affirme étonnement contre le droit à l’avortement. C’est cette opinion divergente que Giulia choisit ici d’interroger en faisant de sa peinture le medium d’un dialogue critique. Si la presse était un terrain d’expression privilégié pour Pasolini, il était aussi la place publique de son lynchage. Comme une métaphore, les natures mortes sur journaux de Diego Movilla mettent en perspective la violence des polémiques autour des articles de Pasolini.

Dans une démarche plus dénonciatrice, les œuvres de Sanjin Cosabic et Franck Charlet s’insèrent dans une prise de position radicale, proche de celle qu’a pu prendre de nombreuses fois Pasolini. Quand le premier utilise la peinture pour dénoncer la classe politique au moyen d’un jeu de mise en scène et du détournement de la peinture classique à l’ère contemporaine, le second s’intéresse plutôt à mettre en lumière une minorité, celle des homosexuels, questionnant ainsi le degré de tolérance dans la société.

 

Communiqué de presse

Site du Groupe Laura
Site des artistes : Giula AndreaniMartine BarratFranck CharletSanjin CosabicSammy Engramer & Alain Fidanza, Frédéric Lecomte, Diego Movilla et Erwan Venn

 

 
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